« Desert Roots Rising Stars » et « Resonant Earth » : la musique et l’art se rejoignent au Barrick Museum de l’UNLV
Au fil des ans, j’ai assisté à de nombreux concerts, vernissages et événements culturels, mais « Resonant Earth » avait une saveur toute particulière.
Le concert « Resonant Earth », organisé par « Desert Roots Rising Stars » au Marjorie Barrick Museum of Art de l’UNLV, a su conjuguer musique de chambre, arts visuels et vie communautaire dans un cadre immersif unique. Loin des salles de concert traditionnelles, le public s’est retrouvé entouré d’œuvres d’art, permettant ainsi à la musique et aux créations exposées d’interagir tout au long de la soirée.
Cette représentation s’inscrivait dans la démarche constante de « Desert Roots Rising Stars » visant à élargir l’accès à la musique de chambre et à l’éducation musicale, tout en enrichissant la scène artistique de Las Vegas. Dès le début du programme, les invités ont été invités à écouter, à réfléchir et à se laisser transporter par la musique et les œuvres d’art. À mesure que la soirée avançait, cette invitation prenait tout son sens.
Présentée par « Desert Roots Rising Stars », cette soirée témoignait également de l’engagement de l’organisation à soutenir les jeunes musiciens par le biais du mentorat, d’opportunités de scène et de formations. Fondée par la violoniste et pédagogue Shakeh Ghoukasian, l’organisation continue d’offrir aux artistes en devenir un accès à des professionnels confirmés, tout en proposant des expériences culturelles enrichissantes à la communauté de Las Vegas.
Le programme a débuté avec la « Danse russe » d’Igor Stravinsky, interprétée par le violoniste Liam Mansfield, directeur artistique de « Desert Roots Rising Stars » et la pianiste Dr Alexandria Le. Originaire de Las Vegas, cette artiste Yamaha, reconnue sur la scène internationale, s’est produite sur des scènes prestigieuses, notamment au Carnegie Hall.

L’œuvre a immédiatement insufflé une nouvelle énergie à la salle. Tantôt enjouée, tantôt légère, elle semblait passer avec aisance d’une idée musicale à l’autre, avant de ralentir vers des passages plus romantiques, pour mieux retrouver ensuite son rythme plein d’entrain. Impossible de ne pas se laisser captiver dès les premières notes.
L’atmosphère a évolué avec le Trio pour piano n° 1 de Clara Schumann. À l’écoute, on avait l’impression que le piano racontait une histoire, tandis que les cordes y ajoutaient émotion et relief. L’œuvre a traversé des moments empreints de force, de tristesse, de tendresse et de détermination, révélant cette profondeur émotionnelle qui confère à la musique de Schumann une telle puissance, encore aujourd’hui.
L’une des pièces les plus marquantes de la soirée fut *60 Loops* de Pierre Jodlowski. L’œuvre a instauré une atmosphère volontairement déstabilisante. Des motifs répétitifs s’y superposaient, faisant naître un sentiment d’anxiété, de suspense et de tension. Par moments, les musiciens semblaient totalement enchaînés les uns aux autres au sein d’un cycle implacable. Le résultat était fascinant, troublant, et impossible à ignorer. Une proposition qui interpellait l’auditeur, avec une intention claire et une réelle invitation à la réflexion.

De toutes les prestations de la soirée, c’est "Cloudbreak," de la compositrice Jennifer Bellor, qui m’a le plus durablement marqué.

Bellor a confié que cette pièce a été inspirée par une expérience de parachutisme dans le nord de l’État de New York ; conçue initialement pour piano, elle a ensuite été adaptée pour un quintette avec piano. Connaître l’histoire derrière l’œuvre a rendu l’interprétation d’autant plus vivante. La musique, vaste et empreinte d’une atmosphère particulière, oscillait entre des instants de réflexion paisible et des moments d’une grande intensité. En l’écoutant, je pouvais presque m’imaginer flotter à travers des strates de nuages, dans l’immensité du ciel. C’était une œuvre magnifique, riche en nuances, qui résonnait profondément avec le thème de la soirée : la nature et notre rapport au monde qui nous entoure.
Une remarque faite au cours de la soirée m’a marqué bien après la fin du concert : les grands artistes finissent par revenir à leurs racines, inspirant ainsi la génération suivante. Cette idée semblait imprégner tout le programme, tout comme les échanges que j’ai pu avoir avec les artistes eux-mêmes. La présence de musiciens accomplis, tels que Mansfield, Bellor et Le, a mis en lumière l’importance du mentorat et de la transmission du savoir aux artistes en début de carrière.
Le programme s’est poursuivi avec le Quatuor à cordes en fa majeur de Maurice Ravel, une œuvre foisonnante de couleurs, de textures et de contrastes. Assis dans la galerie, entouré d’œuvres d’art, je me suis surpris à percevoir cette musique comme une peinture. Des passages étincelants, des harmonies riches et des rythmes complexes révélaient de nouveaux détails à chaque mouvement. L’interprétation a su mettre en valeur le talent remarquable de l’ensemble, tout en s’intégrant parfaitement au cadre du musée.
La soirée s’est achevée avec "Quartet Medium" de l’Atom String Quartet, une pièce débordante d’influences jazz, de caractère et d’énergie. Après la profondeur émotionnelle et la complexité des œuvres précédentes, son esprit enjoué a offert une conclusion joyeuse, laissant le public le sourire aux lèvres au moment de se lever pour applaudir.
Pourtant, l’un de mes moments préférés a eu lieu après la toute dernière note.

Les invités se sont rassemblés autour d’une somptueuse table garnie de charcuteries et d’autres mets, qui illustrait à merveille le thème de la soirée : un hommage à la terre. Débordant de baies fraîches, de raisins, d’agrumes, de pâtisseries, de desserts et d’ingrédients de saison aux couleurs éclatantes, cette présentation semblait prolonger l’expérience artistique et musicale que nous venions de vivre. Les couleurs, les textures et la disposition naturelle des mets faisaient écho aux thèmes explorés tout au long du concert.
Alors qu’artistes, mécènes, étudiants, enseignants et autres convives échangeaient dans la galerie, les conversations se sont prolongées bien après la fin de la représentation. En observant la salle, on comprenait aisément que personne n’était pressé de partir. Les participants discutaient de la musique, retrouvaient des amis, échangeaient avec les artistes et prenaient tout simplement plaisir à faire partie de cette expérience.

Ce qui m’a le plus marqué, ce n’est pas une œuvre en particulier au sein du programme, bien que "Cloudbreak" s’en soit assurément approché, mais plutôt ce sentiment de connexion qui a perduré tout au long de la soirée. Musique et arts visuels ont partagé un même espace ; des artistes confirmés ont échangé avec des musiciens émergents ; et le public, loin de se limiter au rôle de simple observateur, est devenu partie prenante de l’échange.
Las Vegas est souvent associée aux grandes productions et aux spectacles à grand déploiement ; c’est précisément pour cette raison que des soirées comme celle-ci se distinguent. "Resonant Earth" a proposé une expérience différente : une invitation à ralentir, à écouter avec attention et à vivre la musique dans un cadre propice à la réflexion et à la découverte.

Des organisations telles que Desert Roots Rising Stars jouent un rôle essentiel au sein de la scène artistique de Las Vegas, en rendant la musique classique, la musique de chambre et l’enseignement musical accessibles à des publics de tous âges. À travers des événements comme « Resonant Earth », elles créent des opportunités pour les jeunes musiciens tout en contribuant au développement du paysage culturel de la ville. « Resonant Earth » n’est que l’un des nombreux programmes par lesquels Desert Roots Rising Stars soutient l’éducation musicale et l’enrichissement culturel à Las Vegas.
Pour le *French Quarter Magazine*, fier partenaire média de Desert Roots Rising Stars, cette soirée a rappelé que certaines des expériences culturelles les plus marquantes se vivent à une échelle beaucoup plus intime. Bien après les derniers applaudissements, les invités continuaient d’échanger, de partager des idées et de profiter de la compagnie des uns et des autres. Une conclusion idéale pour une soirée placée sous le signe de la musique, de l’art, du mentorat et de la communauté.
En savoir plus sur Desert Roots Rising Stars
Desert Roots Rising Stars est une organisation à but non lucratif, festival de musique et académie d’été, qui se consacre au mentorat et à l’inspiration de la prochaine génération de musiciens, en leur offrant des occasions de se produire sur scène, des masterclasses, des programmes éducatifs et des initiatives d’engagement communautaire.
Pour en savoir plus sur les prochains concerts, les programmes éducatifs ou les façons de soutenir l’organisation, rendez-vous sur : www.desertrootsrisingstars.com
Pour faire un don et soutenir la mission de l’organisation, rendez-vous sur : www.desertrootsrisingstars.com/donate







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